La semaine dernière, alors que j’étais en plein montage, j’ai attrapé mon téléphone “juste une seconde”. Une seconde qui s’est transformée en vingt minutes de scroll sur Tik Tok, à rire, enregistrer des vidéos, passer d’un contenu à l’autre sans même m’en rendre compte. Et quand j’ai relevé la tête, j’ai eu ce petit pincement au cœur : je venais de perdre du temps à rien. A part quelques éclats de rire, ça ne m’avait rien apporté. Rien appris. Rien construit.
C’est là que j’ai commencé à me demander quel impact les réseaux avaient réellement sur ma vie.
La vérité, c’est que je ne scrolle pas parce que je m’ennuie. Je scrolle parce que ça m’évite de penser. Parce que ça me donne l’impression d’être occupée, inspirée, connectée…alors qu’en réalité, je suis juste en train de fuir quelque chose.
Une tâche qui me fait peur. Un projet que je repousse. Une émotion que je n’ai pas envie d’affronter. Un silence qui me met face à moi-même.
Le scroll devient alors une porte de sortie. Une pause mentale. Un endroit où je peux disparaître quelques minutes, sans avoir à être productive, brillante, organisée, parfaite. Un endroit où je peux mettre ma vie en pause sans avoir à affronter ce qui me dépasse.
Mais ce refuge a un prix. Plus je m’y cache, plus je me perds.
Je me suis demandé ce que j’allais vraiment chercher dans ces vidéos qui s’enchaînent. Et la réponse n’était pas “du divertissement”.
Je cherchais du réconfort. De la distraction. Une sensation d’être moins seule. Un moyen d’éviter la réalité quand elle devient trop lourde.
Les réseaux sont devenus un endroit où je peux m’échapper sans bouger. Un endroit où je peux vivre mille vies sans vivre la mienne. Un endroit où je peux rêver sans agir.
Mais à force de regarder la vie des autres défiler, la mienne reste en suspens. Je deviens spectatrice de ce que je pourrais être, au lieu d’actrice de ce que je suis.
Et je me suis posé cette question : finalement, les réseaux ne sont-ils pas un piège à rêves ?
Un endroit où tout semble possible, mais où rien ne se passe vraiment.
Parfois, j’ai l’impression d’être deux personnes différentes.
Il y a celle qui scrolle. Celle qui reste coincée dans son lit, téléphone à la main, à regarder des vidéos qui s’enchaînent comme si sa vie dépendait de ce mouvement du pouce. Celle qui s’échappe, qui évite, qui se dissout dans le bruit des autres.
Et puis il y l’autre. Celle qui vit vraiment. Celle qui rêve d’une vie à NYC, qui veut créer, avancer, construire quelque chose de beau. Celle qui a des idées, des envies, des projets. Celle qui se voit marcher dans les rues de Manhattan avec un café à la main, qui se voit écrire, photographier, raconter.
Deux versions de moi qui cohabitent, mais qui ne veulent pas la même chose.
Et je crois que mon vrai combat, ce n’est pas la procrastination. C’est de réussir à choisir la version de moi qui avance…plutôt que celle qui s’échappe.
Je n’ai pas encore toutes les réponses. Je ne suis pas devenue cette fille ultra disciplinée qui ne touche plus son téléphone. Je suis juste en train d’apprendre à me regarder en face, à comprendre ce que je fuis, à reprendre doucement le contrôle de mon attention.
A choisir ma vie plutôt que celle des autres. A choisir mes rêves plutôt que le scroll. A choisir la version de moi qui veut vraiment quelque chose.
Et peut-être que c’est déjà un début.
Et toi…qu’est-ce que vous fuyez vraiment quand vous scrollez ?
— Ju

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